J'ai changé la vidéo c'est bon là, pluss on l'entend la chanson et pluss on l'apprécie !
Salif Keïta célèbre la différence
Le prince de la musique malienne sort un album acoustique émouvant, guidé par son combat au secours des albinos d'Afrique.
Vu de France, ses compatriotes Rokia Traoré, Oumou Sangaré, et bien sûr Amadou et Mariam, ont accaparé l'attention de ces dernières années. C'est pourtant au cours de cette période, précisément depuis la sortie de ses albums Moffou (2002) et M'Bemba (2005), que Salif Keïta aura opéré un retour magistral au-devant de la scène des musiques maliennes modernes. Cette inspiration, éclectique et généreuse, l'a remis en selle de par le monde et elle se poursuit, aujourd'hui, avec la parution du remarquable La Différence.
Pour cet album acoustique, le fameux chanteur compositeur albinos s'est entouré de prestigieux solistes tels Keletigui Diabaté (balafoniste et actuel doyen de la musique malienne), Vincent Segal (violoncelle), Ibrahim Maalouf (trompette), Mamadou Koné (percussions), sans oublier Kante Manfila, Seb Martell et Bill Frisell aux guitares. Une affiche résolument internationale, multicolore et haut de gamme pour une musique qui n'en prend pas moins, comme toujours chez Salif Keïta, ses racines sur les rives du fleuve Niger, à Djoliba, son village natal... "J'y retourne chaque année, de préférence seul et le plus souvent en pirogue" indique le chanteur, qui réside le reste du temps entre Bamako et Montreuil. "C'est un endroit que j'adore parce qu'il est à part, isolé de tout sur une île difficile d'accès. Il y règne un silence extraordinaire, la nature parle de façon magique. C'est l'idéal pour composer des mélodies, différent."
Des albinos sacrifiés
Différent? Un qualificatif que ce musicien né albinos emploie beaucoup depuis qu'il en a fait le fil rouge de ce nouvel album. Il y reprend ses fameuses chansons Papa, Folon et Seydou sans synthétiseur, et ça vaut le détour. Il y crée aussi, avec des ch½urs féminins pétulants, la remarquable Ekolo d'Amour, sorte d'hymne à la joie et à l'amour désintéressé. "Je chante l'amour écologie, c'est-à-dire le vrai amour du c½ur, et non l'amour circonstanciel guidé par la beauté, l'argent, la convoitise." On y découvre, enfin, la majestueuse La Différence, chanson-titre alliant gravité et vitalité sur ces mots choisis : "Je suis blanc, mon sang est noir... La vie ça vaut la peine."
Le message est, sans surprise, à la fois épuré et calqué sur celui sa fondation créée en 2001 - la fondation Salif Keïta - dont le but de porter secours aux albinos africains. "Bien -sûr, c'est dans la différence qu'on trouve la beauté, dit-il. Malheureusement, cela ne coule pas de source pour tout le monde. En Afrique, la différence des albinos n'est que mauvais sort. On nous associe à une puissance spirituelle, il arrive même qu'on nous sacrifie de façon barbare, en nous démembrant afin de capter cette puissance sous forme de gris-gris, de trophée !" Ces crimes rares mais avérés en disent long sur la condition que le chanteur a lui-même connu avant d'être "sauvé par la musique."
"Lorsqu'on m'a chassé de chez moi, je n'étais qu'un musicien qui galérait. J'étais bien incapable de comprendre qu'un jour, ma différence vaudrait de l'or. Ce n'est que bien après, avec la carrière musicale et la reconnaissance, que j'ai réalisé à quel point ma différence me rendait unique, et qu'elle pouvait même être une chance."
Le bon dieu a voulu l'homosexualité
Pour le musicien, il est aujourd'hui urgent de partager ce sentiment avec d'autres albinos. "Avant, les albinos ne se concertaient pas. On était effrayés, anéantis par les croyances. Alors on avait peur de se réunir, on se rejetait mutuellement. C'était très dur. J'ai été longtemps très isolé dans ma condition." Avec sa fondation, il se réjouit de voir que les choses changent pas à pas. "La mission première de la fondation consiste à distribuer des crèmes solaires afin de limiter les brûlures. Mais il y a beaucoup à faire sur le plan social. Le sacrifice des albinos est un crime qu'il faut punir. D'autre part, il faut affirmer que chaque albinos peut positiver sa différence, qu'il est en droit de se sentir utile et fort."
"Lorsque je lance ce message dans une de mes chansons, poursuit Salif Keïta, il est évident que je l'adresse à tous ceux qui portent une différence, les sourds, les aveugles, les paralytiques... Ou même les Blancs qui se sentent Noirs parce qu'ils adorent l'Afrique, et les Noirs qui se sentent Blancs parce qu'ils n'ont pas connu le continent de leurs ancêtres. Tout ça c'est beau ! Et les homosexuels aussi, auxquels je dois tant..." A ses débuts, alors qu'on lui interdisait de chanter dans certains cérémonie sous prétexte qu'il était d'origine aristocrate et non griot, Salif Keïta raconte avoir souvent pu compter sur ses compatriotes homosexuels. "Ils m'ont toujours soutenu, ils me donnaient de l'argent ou leurs anciennes chaussures. Ce sont des gars trop simples, ils ont trop d'amour à donner. Je sais que Dieu ne m'en voudra jamais d'être reconnaissant envers eux, ils ne m'ont jamais tenté ni abusé, juste donné de l'amour et une chance qui, en fin de compte, m'aura bien aidé à trouver ma place dans cette société." Un genre de parole qu'on entend rarement dans la bouche d'un père de famille musulman!
Salif Keïta, lui, n'a pas honte. "Car je n'ai jamais fait un album sans parler de Dieu et c'est le bon Dieu qui a voulu l'homosexualité parmi toutes les différences qui rendent ce monde plus riche, plus vivant. Ce n'est pas un crime alors que le business, par exemple, est souvent tellement plus douteux que ces comportements jugés déviants alors qu'il n'est question que d'amour..." Et de différenceOui comme il dit si bien, les croyances erronées sont aussi dans la religon, de rejeter des humains rien que parce qu'ils sont différents est-ce voulu par un Dieu d'amour ! un Dieu qui pardonne ! Oui c'est un musulman qui ne rejettepas les homosexuels car lui il sait ce que c'est la différence !